La psychologie des crowds

Publié par Benjamin Rosoor  /   mars 19, 2014  /   Posté Edito  /   Pas de commentaires

anonymous crowdEn 1895, Gustave Lebon publie un ouvrage de référence en psychologie sociale : psychologie des foules. L’auteur décrit les mécanismes de fonctionnement des êtres humains lorsqu’ils se retrouvent en « foule ». Avec l’avènement de la notion de « crowd » dans ce monde hyperconnecté où l’on jure que par le crowdfunding, le crowdsourcing ; on peut se poser la question : peut-on adapter les analyses du Docteur du XIXème siècle aux foules du XXIème ? Tentative…

Tout d’abord, pour ceux qui souhaiteraient (re)lire cet ouvrage, on le trouve assez facilement en format numérique et gratuit.

Difficile en une note de reprendre l’ensemble des propos de Gustave Lebon et de tenter de les confronter à la réalité de la foule « sur Internet ».
Ndr. le terme « virtuelle » semble ici peu adapté, la foule 2.0 même si elle n’est pas regroupée sur un même lieu physique se retrouve tout de même sur un même espace, les réseaux sociaux ou le web participatif et elle est bien composée d’êtres humains qui interviennent physiquement.

On peut donc tout de même tenter de prendre quelques grands constats de l’auteur et de voir s’ils s’appliquent au fonctionnement en mode « crowd ».

Tout d’abord, l’irresponsabilité. Le Bon note qu’un individu au milieu d’une foule peut se sentir invincible, qu’il peut participer à des actions qu’il ne mènerait pas seul ( pillage de magasins, émeutes), cela vaut notamment dans le cas où l’identification est difficile, foules hétérogènes, anonymes…Caché derrière son écran et son clavier, l’internaute peut s’adonner à toutes sortes de petits délits : piratage de films ou musiques, appels au boycott, harcèlement. Et souvent, quand ils se retrouvent dans un commissariat, ils déclarent très rapidement qu’ils ne savaient pas que c’était interdit, qu’ils ne le referont plus. Il faudrait creuser cette idée mais quand on parle de crowdfunding (et donc d’argent)…quand parle t’on de responsabilité ?

La « contagion » et la suggestibilité ou le fait qu’une cause se retrouve très rapidement partagée par un très grand nombre de personnes, individus qui ne réfléchissent plus, n’ont plus d’opinion propre ou de sens critique.  On trouve sans doute là l’origine du développement des « bad buzz » ou bien encore des grandes campagnes de dénigrement d’une offre ou d’une création (notamment de logos), campagnes parfois injustes ou injustifiées.

Ainsi, que dire quand, comme un seul homme, les internautes vont agresser Bouygues Telecom à la sortie de l’offre Free Mobile, sans imaginer un instant qu’il peut y avoir manipulation. Bravo aux e-justiciers consommateurs ? Jusqu’au moment où un community manager du premier arrive à démasquer un salarié du second…qui participe à la curée.

Ceci n’est qu’un rapide essai. Il faudrait peut-être le transformer en faisant une vraie analyse comparée des deux époques. On s’y colle?

 

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A propos de Benjamin Rosoor

Fondateur de l'Agence Web Report. Expert en e-réputation. Auteur de l'ouvrage : agir sur l'e-réputation de l'entreprise. ed Eyrolles. Spécialiste des médias sociaux. Formateur, conférencier et consultant e-réputation

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