Profil psychologique : c’est quoi un troll ?

Publié par Sophie Garrigues  /   mars 10, 2014  /   Posté Réflexions  /   Pas de commentaires

Premier article d’une série dédiée aux trolls, pour mieux connaitre cette catégorie d’internautes qui donne du fil à retordre aux entreprises, et qui peut atteindre leur e-réputation. Attention, psychologie inside.

Ici, point de créatures fantastiques à la peau bleue tout droit sorties d’un jeu vidéo ou d’un film de heroic fantasy. Le troll est le plus souvent un internaute dont il est difficile de se débarrasser, à la manière du morceau de ruban adhésif qui colle aux doigts du Capitaine Haddock dans Tintin : plus on provoque le troll, plus il est tenace. Et en plus il aime ça, c’est la science qui le dit.

Mais pourquoi est-il aussi méchant ?

Le profil psychologique des trollsParce que ça l’amuse ! D’après Erin Buckels, Paul Trapnell et Delroy Paulhus, trois psychologues canadiens qui se sont récemment penchés sur la question, « les trolls veulent juste s’amuser ». Le troll est doté d’une personnalité néfaste et sadique. Il prend plaisir à poster des commentaires dénigrants, insultants voire diffamants sur les espaces de discussion, forums, blogs, journaux en ligne et autres sites d’avis. Voir souffrir les autres internautes, c’est son dada, bien plus que débattre avec de vrais arguments ou essayer de se faire des amis.

Internet n’est autre que le terrain de jeu favori du troll et en général, celui-ci agit de manière désintéressée. Son seul but consiste à publier des messages, et à observer ce qui se passe ensuite, une fois que la bombe est posée : sur-réactions, colère, agressivité, insultes, ou encore débat stérile font partie des conséquences d’un acte de trolling.

La « tétrade noire de la personnalité »

En psychologie, la triade noire de la personnalité comprend le narcissisme, la psychopathie et le machiavélisme. Un concept théorisé en 2002 par les psychologues Delroy L. Paulhus et Kevin M. Williams. Le narcissisme étant une expression d’une mégalomanie exacerbée, parfois en réaction à un sentiment de faiblesse. Le machiavélisme est quant à lui défini par une conduite sans scrupules, perfide, cynique et manipulatrice. De même, le psychopathe est un antisocial doublé d’un égoïste qui agit sans aucune empathie.

L’étude canadienne révèle que le fait de troller implique ces trois traits de caractères, en y ajoutant le sadisme : « le trolling apparait comme une manifestation virtuelle du sadisme au quotidien ». Le sadisme ne désigne ni plus ni moins qu’une recherche de plaisir en faisant souffrir l’autre. Dans le cas du troll, il s’agit d’une souffrance morale. En cela, les trois psychologues évoquent une « tétrade noire de la personnalité » pour définir le profil psychologique de l’internaute troll. D’après les résultats de l’étude, les personnes interrogées dans le cadre de l’étude qui indiquaient préférer troller sur le Web ont obtenu le score le plus haut dans les quatre traits de caractère sur une échelle de la méchanceté.

Source : « Trolls just want to have fun », étude publiée le 8 février 2014 dans le journal Personality and Individual Differences, Erin Buckels, Paul Trapnell et Delroy Paulhus.

Print Friendly, PDF & Email

A propos de Sophie Garrigues

Du community management, du brand content, le tout saupoudré d'e-réputation. Je veille près de la fenêtre et du radiateur.

Poster un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*